Du nouveau livre à succès de Thomas Piketty

Voici une traduction personnelle d’un excellent article de Hunter Lewis publié sur le blog du Mises Institute.


livre_pikettyCet économiste du monde académique français de 42 ans a écrit un nouveau livre : Le capital au XXIe siècle. L’édition américaine a été publiée par Harvard University Press et se trouve en tête des meilleures ventes, une première pour cet éditeur. Une récente critique décrit Piketty comme « celui qui a montré la faille fatale du capitalisme ».

Quelle est donc cette faille ? Sous un régime capitaliste, les riches deviendraient soi-disant encore plus riches par rapport à tous les autres et les inégalités seraient de plus en plus grandes. Tout cela serait inexorable.

Pour soutenir cette thèse, Piketty propose une logique financière douteuse et sans fondement, mais également ce qu’il appelle un « graphe spectaculaire » de données historiques. Que montre ce graphe ?

La part des revenus américains contrôlés par les 10% les plus riches s’élève à hauteur d’à peu près 40% en 1910, puis augmente à 50% avant le Crash de 1929, retombe ensuite, retourne à 40% en 1995, puis augmente à 50% avant de retomber quelque peu après le Crash de 2008.

graphe_pikettyRéfléchissons à ce que cela signifie vraiment. Le revenu des 10% les plus riches n’a pas augmenté inexorablement durant cette période. A la place, il a atteint un maximum deux fois : juste avant les effondrements de 1929 et 2008. En d’autres termes, les inégalités se sont accentuées durant les grandes périodes de bulles économiques, puis se sont réduites.

Et qu’est-ce qui a causé et caractérisé ces bulles ? Elles ont été principalement causées par la Réserve fédérale des États-Unis et d’autres banques centrales qui ont créé beaucoup trop de nouvelle monnaie et de dette. Elles ont été caractérisées par une forte expansion du capitalisme de connivence puisque les riches exploitaient toute la nouvelle monnaie, à la fois à Wall Street et à travers des connexions avec le gouvernement américain.

On peut apprendre beaucoup à propos du capitalisme de connivence en étudiant la période entre la fin de la Première Guerre mondiale et la Grande Dépression, et aussi grâce aux vingt dernières années, mais on ne peut rien en apprendre sur le capitalisme. Le capitalisme de connivence est l’opposé du capitalisme. C’est une perversion des marchés, pas le résultat de prix libres et de marchés libres.

On peut comprendre pourquoi la Maison Blanche aime Piketty. Il soutient leur fable selon laquelle le gouvernement serait le remède aux inégalités alors qu’en réalité le gouvernement a été la principale cause de la croissance des inégalités.

La Maison Blanche et le FMI aiment également la proposition de Piketty, non seulement pour un fort impôt sur les hauts revenus, mais également pour des taxes substantielles sur la richesse. Le FMI en particulier fait la promotion de taxes sur la richesse comme moyen de restaurer les finances publiques dans le monde et également pour réduire les inégalités économiques.

Attendez-vous à entendre parler de plus en plus de taxes sur la richesse. Attendez-vous à entendre qu’il s’agira de ponctions ponctuelles qui ne seront pas répétées, mais qui soutiendront la croissance économique en réduisant les inégalités économiques.

Ceci est un complet non-sens. La croissance économique est produite lorsque la société épargne de l’argent et investit l’épargne judicieusement. Ce n’est pas la quantité d’investissement qui compte, mais la qualité. Le gouvernement n’est capable ni d’épargner ni d’investir, encore moins d’investir judicieusement.

Nous ne devrions pas non plus imaginer qu’une taxe sur la richesse serait ponctuelle et temporaire. Aucune taxe n’est jamais temporaire. Une fois établie, non seulement elle persisterait, mais elle s’alourdirait avec le temps.

Piketty devrait également s’interroger. Qu’est-ce qui se passera lorsque les investisseurs auront à liquider leurs actions, leurs obligations, ou d’autres actifs pour payer la taxe sur la richesse ? Comment les marchés vont-ils absorber toutes les ventes ? Qui seront les acheteurs ? Et comment l’effondrement des marchés et de la valeur des actifs sous la pression vendeuse pourrait-il soutenir la croissance économique ?

En 1936, un livre académique dense et savant a été publié et semblait dire aux politiciens qu’ils pouvaient faire exactement ce qu’ils voulaient. Ce livre était la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie de Keynes. Le livre de Piketty sert le même dessein en 2014, et sert les mêmes politiques destructrices et à courte vue.

Si l’administration Obama, le FMI, et les gens tels que Piketty voulaient bien laisser l’économie se débrouiller toute seule, elle s’en remettrait. Pour l’instant, ils continuent d’inventer de nouvelles façons de la détruire.

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